Le retour dans son hangar plus glacial que jamais (des travaux d'isolation ont été effectués cet été dans la patinoire de Poitiers) n'a pas rafraîchi l'enthousiasme de Brian Joubert. Tout au contraire. Sous la houlette rigoureuse de son coach Jean-Christophe Simond et sous l'½il bienveillant de sa maman, le champion du monde a retrouvé hier ses habitudes. Son quotidien de forçat de la glace chez lui à Poitiers. Souriant et appliqué, Joubert, affûté physiquement par deux mois de stage à Courchevel et mentalement après la saison de tous les succès (sept victoires consécutives en 2006-2007), est apparu déjà au point techniquement. Le nouveau programme court concocté par l'orfèvre Browning est un véritable petit bijou que Brian et son staff ont commencé à polir. La nouvelle saison qui s'ouvre à la fin du mois à Courbevoie se présente bien. Interview.
Quel est votre sentiment à l'heure de retrouver votre lieu d'entraînement cinq mois après l'avoir quitté pour le Japon et le titre mondial ?
« Cela fait énormément de bien. Le stage à Courchevel s'est bien passé mais j'attendais avec impatience de pouvoir retrouver ma petite patinoire, ma petite routine ! »
Vous avez tout gagné la saison passée et il vous sera impossible de faire mieux. Espérez-vous faire aussi bien ?
« En terme de résultats, je ne peux effectivement aller au-delà... Par contre, il est possible d'améliorer mes performances et cela compte tout autant à mes yeux. Je dois encore progresser, avancer avec toujours à l'esprit l'objectif des JO de 2010. »
Quand on ne connaît que la victoire pendant 18 mois, se rappelle-t-on du goût de la défaite ?
« Je serais battu de nouveau un jour, c'est inévitable. Personne n'est invincible. Parmi les meilleurs mondiaux, nous sommes cinq ou six à nous tenir dans un mouchoir de poche. Je ne crains pas cela mais je suis curieux de connaître les réactions du public et des médias quand je vais terminer deuxième ou troisième d'une grande compétition internationale. »
Que pouvez-vous nous dire de votre nouveau programme court ?
« C'est un “ short ” composé spécialement pour moi par Sébastien Damiani sur lequel je me sens bien. J'ai déjà pris mes marques, je l'ai déjà réalisé sans faute à l'entraînement. Le contenu sera très riche, c'est un programme à fort potentiel de points. Peut-être pas à la hauteur du record du monde (NDLR : 90,66 par Plushenko aux Jeux de Turin) mais supérieur à celui de James Bond que je situe à 84. Là, je peux espérer réaliser 88 points. »
“ Plushenko peut revenir mais il faut qu'il sache que ses adversaires ont évolué et ce sera très dur pour lui ”
Croyez-vous aux retours à la compétition amateur des deux derniers champions olympiques Evgueni Plushenko et Alexei Yagudin ?
« Alexei, je n'y crois pas trop... Par contre, Evgueni peut revenir. C'est possible. Mais il faut qu'il sache que depuis les Jeux de Turin ses adversaires ont évolué et progressé. Moi le premier. Ce sera très dur pour lui. »
Quelles nouvelles responsabilités vous confèrent ce titre mondial ?
« Être champion du monde, cela change tout. Je m'en aperçois tous les jours. On fait plus attention à vous. J'ai gagné une certaine notoriété, cela fait toujours plaisir. Mais ce n'est pas encore la folie et ce n'est d'ailleurs pas plus mal comme cela. Je sais que je vais être très attendu, partout et par tous. J'ai gardé la même équipe autour de moi et je me sens en forme physiquement et mentalement. Maintenant, il va falloir se mettre dans le grand bain. »
LA SAISON 2007-2008 DE BRIAN JOUBERT. - Les Masters du 27 au 30 septembre à Courbevoie, le Skate Canada du 1er au 4 novembre à Québec, le trophée Bompard du 15 au 18 novembre à Paris (Bercy), les championnats de France du 6 au 9 à Megève, la finale du Grand Prix ISU du 13 au 16 décembre à Turin, les championnats d'Europe du 21 au 27 janvier à Zagreb, les championnats du monde du 17 au 23 mars à Goteborg.

